
Altaroad sélectionnée au Impact40/120
IA et ressources stratégiques au cœur des débats
Paris, mars 2026 au Grand Palais.
Devant plus de 1 200 start-up candidates, Impact France a dévoilé les 120 entreprises retenues pour l’édition 2026 de son classement Impact 40/120. Parmi elles, Altaroad a été distinguée pour sa contribution à la transition écologique grâce à des solutions de caractérisation des matériaux par IA.
Impact France : construire l’économie de l’impact
Fondée sur un constat simple mais exigeant, la mission d’Impact France est de faire émerger les futures scale-ups capables de répondre aux grands défis stratégiques du pays. Comme l’a rappelé Caroline Neyron, Directrice Générale de l’association, ces entreprises ont une vocation qui dépasse leur seule croissance :
“Elles doivent devenir des scale-ups qui vont permettre de répondre aux enjeux stratégiques du pays, voire de l’Europe, et créer l’économie de demain : l’économie de l’impact.”
L’association fédère aujourd’hui un écosystème engagé pour réduire les inégalités. Et pour cause, elle vise à redynamiser les territoires et renforcer le leadership français à l’international sur les sujets d’innovation durable.
Un cadre financier encore insuffisant, mais des signaux positifs
Si l’ambition est forte, les obstacles restent réels. L’événement Impact 40/120 à CHANGENOW a mis en lumière les freins persistants auxquels se heurtent les entreprises à impact : investissements insuffisants, profondeur de financement fragile pour les scale-ups, rentabilité plus longue à atteindre sur des secteurs émergents. Des secteurs que ces entreprises défrichent souvent seules. Sans compter les contraintes réglementaires que cela implique.
Face à ces constats, Anne Le Hénanff, Ministre déléguée à l’Intelligence Artificielle, a tenu à envoyer des signaux concrets. Le Budget 2026 intègre pour la première fois le statut de jeune entreprise à impact. C’est une avancée saluée par l’ensemble de l’écosystème. La ministre a également souligné la nécessité de :
“changer culturellement l’approche des investisseurs” et de “rassurer sur des résultats qui ne se mesurent pas qu’en monnaie.”
— avec la BPI comme levier pour renforcer fonds propres et garanties.
L’IA face à ses responsabilités environnementales
Alors que la technologie consomme des ressources considérables, comment s’assurer qu’elle sert réellement la transition ? La réponse du gouvernement est claire :
“L’IA doit prendre en compte l’éthique, placer l’humain au cœur de son action, et intégrer des facteurs de durabilité dès sa conception.”
L’objectif affiché : faire des acteurs français de l’IA les plus avancés sur ce sujet.
Le retard à combler reste néanmoins important. En France, seulement 17 % des entreprises utilisent l’IA, contre 38 à 42 % dans les pays du Nord de l’Europe. Un écart qui pèse sur la productivité nationale et sur la capacité à allouer la technologie là où elle est la plus utile.
Cécile Villette : quand l’IA devient un outil de souveraineté sur les matériaux
C’est précisément sur cette question — que peut faire l’IA qu’on ne faisait pas avant ? — que Cécile Villette, CEO d’Altaroad, a pris la parole. Son intervention a posé le problème dans toute sa dimension stratégique.
Les déchets du BTP — béton, plâtre, métaux, composants électroniques — représentent un volume dix fois supérieur à celui des déchets ménagers. Ces flux contiennent des matières critiques, à commencer par le lithium, dont la consommation mondiale sera multipliée par 18, et sur lesquels l’Europe n’est autonome qu’à hauteur de 1 à 5 %.
“Ces déchets consommés sont dans des gisements alternatifs, constate-t-elle. Il faut les remettre dans nos matériaux.”
La réponse d’Altaroad prend la forme de Recomat, une solution qui utilise l’IA pour caractériser automatiquement les matériaux présents dans les flux de déchets de construction. Concrètement, une caméra installée sur site analyse en temps réel le contenu d’une benne ou d’un déversement, identifie chaque matériau — béton, plâtre, métal, terres rares — et calcule les taux de valorisation.
“On peut quantifier l’impact. Sur les technologies qui concernent nos matériaux critiques, nous devons avoir nos propres algorithmes sur le calcul de la consommation. Au-delà des enjeux environnementaux, c’est une question de défense et de souveraineté industrielle : terres rares, électronique, matériaux critiques pour la défense — car l’Europe n’a tout simplement pas les stocks.”, a-t-elle insisté.

IA européenne : un avantage concurrentiel à saisir
La question de la souveraineté technologique a traversé l’ensemble des débats de Impact 40/120. Peut-on rivaliser avec les géants américains de l’IA ?
Et la réponse de la ministre est sans détour :
“Sur certains points spécifiques, il faut décider de le faire en Europe. On veut garder cette souveraineté. Il faut des modèles européens.”
Une conviction que partage pleinement Altaroad. En effet, sur des domaines spécialisés comme la gestion des matériaux critiques ou la réglementation environnementale européenne — des terrains où les acteurs américains sont peu présents. — une IA européenne dispose d’un avantage concurrentiel réel. De plus, maîtriser les algorithmes de calcul de consommation des ressources n’est pas seulement une question technique : c’est un enjeu de souveraineté industrielle pour la France et pour l’Europe.

À propos d’Altaroad
Altaroad développe des solutions IA de traçabilité et de caractérisation des flux de matières. Nous travaillons avec les secteurs du BTP, des déchets, des collectivités et de l’industrie. Ainsi, la solution phare Recomat quantifie et identifie en temps réel les matériaux. Elle contribue ainsi à l’économie circulaire et à la souveraineté des ressources.
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