EnvironnementLa transition écologique dans le secteur du btp

La transition écologique et l’économie circulaire dans le secteur du BTP

En vue des défis environnementaux, l’économie circulaire représente une solution à de nombreuses problématiques. Avec la raréfaction des ressources naturelles, l’instabilité énergétique, la dégradation des écosystèmes… Il est de plus en plus urgent de se tourner vers un modèle économique basé sur les solutions bas carbone, l’optimisation de l’utilisation des ressources et la réutilisation et la gestion des flux de matières

 Le BTP est l’un des secteurs les plus concernés par les enjeux du développement durable avec des impacts importants en consommation de ressources, de production de déchets et d’émissions de gaz à effet de serre. L’économie circulaire dans le BTP consiste à imaginer une série de boucles dont l’objectif est de réduire au maximum la perte de matière, remettant en cause le modèle actuel d’hyperconsommation. 

Le changement climatique : les effets irréversibles

Selon le dernier rapport du Groupe d’Expert Intergouvernemental du Climat (GIEC), rendu public en février 2022, les effets dévastateurs actuels du réchauffement climatique (+1,09°C en 2021) se font de plus en plus ressentir : l’augmentation des évènements climatiques extrêmes, la diminution de la disponibilité des ressources en eau et en nourriture, l’instabilité énergétique, l’appauvrissement et l’impact négatif sur la santé, la baisse de moitié des aires de répartition des espèces animales et végétales…  

À l’heure actuelle, entre 3,3 et 3,6 milliards d’habitants vivent dans des situations précaires dues au changement climatique, soit environ la moitié de la population mondiale. 270 scientifiques de 67 pays évoquent dans ce rapport les incidents à venir pour les populations avec notamment 1 milliard d’habitants des régions côtières menacés en 2050. Les conséquences des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes ne sont autres que la hausse du prix des aliments, l’accroissement de l’appauvrissement ou encore la malnutrition.

Le réchauffement climatique est directement lié à l’augmentation du gaz à effet de serre dans l’atmosphère. L’empreinte carbone du secteur du BTP est significative pour diverses raisons : la fabrication et l’acheminement des matériaux, la consommation de carburant sur les chantiers, le recyclage de certains produits.. Et au-delà de l’empreinte carbone, l’activité a également d’autres impacts environnementaux, comme la raréfaction des ressources ou la perte de biodiversité. Concrètement, quel est l’impact du BTP sur le climat et plus largement sur l’environnement ? Quels sont les moyens d’actions ?

Quelle est l’empreinte carbone du secteur de la construction ?

Selon le ministère de la transition écologique, le secteur du bâtiment représente 43% des consommations énergétiques annuelles et il génère 23% des émissions de gaz à effet de serre en France. 

Plusieurs volets sont à examiner pour le secteur du BTP. Selon l’ADEME, il existe trois approches dites « scopes » pour évaluer les émissions de gaz à effet de serre : 

Émissions scope 1 : sont les émissions directes de GES du secteur.

Émissions scope 2 : sont les émissions indirectes dues à la consommation d’énergie (électricité, vapeur et chaleur)

Émissions scope 3 : sont les émissions indirectes associées à l’activité du secteur. Cela permet d’apprécier l’ordre de grandeur des émissions d’un secteur sur l’ensemble de sa chaîne de valeur. 

Sans oublier l’énergie grise, considérée comme une énergie cachée ou indirecte contrairement à l’énergie en rapport avec l’utilisation du bâtiment, facile à quantifier via la réception de factures. Il faut savoir que le secteur du BTP est très gourmand en énergie grise. D’ailleurs, qu’est-ce alors que l’énergie grise ? C’est l’énergie consommée lors du cycle de vie d’un matériau depuis sa fabrication jusqu’à son recyclage dans le cadre d’un chantier. (Abstraction faite de son utilisation).  

Pour prendre réellement la mesure de l’empreinte écologique d’une construction, il faut absolument prendre en considération l’énergie grise mais peu de constructeurs en tiennent compte à l’heure du bilan. 

La mesure de l’empreinte carbone permet également d’évaluer la dépendance d’un projet aux énergies fossiles. Cela est important dans le sens où les entreprises de gros œuvre sont toutes exposées à la contrainte carbone. En général, l’activité des entreprises du BTP induit entre 500 et 750 kg équivalent CO2 par euro de chiffre d’affaires… impressionnant, n’est-ce pas ?  

Le rôle de l’économie circulaire dans la réduction des GES dans le BTP

Le secteur de la construction est en tête de classement quant à la consommation de sable et de matières premières non renouvelables et le second émetteur de gaz à effet de serre, le secteur du transport étant le premier. Des efforts considérables ont été réalisés pour réduire les émissions de GES mais le rapport du GIEC dénonce une inadéquation des moyens mis en œuvre et un manque de volonté politique avec notamment le non-respect des accords de Glasgow 2021 lors de la COP 26 en termes d’augmentation des budgets pour faire face au réchauffement climatique

Il est devenu primordial pour le secteur du BTP de faire face à l’urgence et de procéder à un changement significatif pour respecter les réglementations en vigueur. Intégrée par la loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte, la Stratégie Nationale bas-carbone pour la lutte contre le changement climatique vers une économie circulaire et durable définit la trajectoire de réduction des émissions de GES vers la neutralité carbone d’ici 2050 avec un objectif de réduction de 40% d’ici 2030. 

Construire durablement est le nouvel objectif pour l’industrie du BTP et nécessite une bonne anticipation des usages futurs d’un matériau sans oublier de prendre en considération les contraintes et les opportunités liées à son cycle de vie. Les acteurs du secteur de la construction sont donc tenus de tout penser dans le sens du réemploi et du recyclage. 

Le double enjeu de l’économie circulaire est de limiter l’impact écologique des entreprises de construction avec la réduction des émissions de GES mais également l’optimisation et la gestion de leurs déchets, ce qui représentent un gain économique non négligeable. Les acteurs du BTP pourront augmenter leurs chiffres d’affaires en participant à la valorisation de leurs déchets de chantier. 

 

Le rapport du GIEC liste des actions concrètes, disponibles dès aujourd’hui. Plusieurs majors du BTP ainsi que Fédérations se sont lancés dans l’exercice de cartographie de leurs impacts et de l’identification d’actions à mettre en place. L’objectif principal est que tous les acteurs du BTP participent à cette circularité et valorisent les déchets produits dans le cadre d’un chantier. Car il est devenu vital d’économiser nos ressources, l’Union Européenne fixe à 70% les objectifs de valorisation des déchets du BTP afin de réduire le recours aux ressources naturelles et, par conséquent, les émissions de GES qui sont les principales causes du réchauffement climatique. 

 

imane-abdelhak

Chargée de Marketing Digital chez Altaroad, je prépare une thèse professionnelle sur la transition digitale dans le secteur du BTP et spécifiquement dans la traçabilité des déchets de chantiers. Dans cette série d’articles, vous trouverez des actualités, les enjeux liés au secteur, les problématiques… À travers ma thèse, je souhaiterais trouver des réponses à plusieurs questionnements : Pourquoi le BTP a-t-il résisté si longtemps à la transition digitale ? Qu’est-ce qui change actuellement et qui permet l’explosion des investissements dans la “contech” ? Suivons cela de près !